Rappelez-vous ces jours heureux où mon coeur crédule et sincère vous présenta ses premiers vœux ; combien alors vous m'étiez chère ! Quels transports, quel égarement ! Jamais on ne parut si belle aux yeux enchantés d’un amant ; jamais un objet infidèle ne fut aimé plus tendrement. Le tems sut vous rendre volage ; le tems a su m' en consoler. Pour jamais j'ai vu s'envoler cet amour qui fut votre ouvrage ; cessez donc de le rappeler. En vain, plus douce et plus soumise, vous semblez revenir à moi ; vous demandez en vain la foi qu’à la vôtre j'avois promise ; grâce à votre légèreté, j' ai perdu la crédulité qui pouvoit seule vous la rendre. L’on n’est bien trompé qu’une fois ; de l'illusion, je le vois, le bandeau ne peut se reprendre. échappé du piège menteur où sa liberté fit naufrage, l'habitant ailé du bocage reconnoît et fuit l'esclavage que lui présente l'oise leur.
Bienvenue à tous sur le blog Fragments de Cerveau, consacré aux citations, aux mots d'esprits, à l'humour noir, aux poèmes, aux stances, aux extraits de films, et tous autres jeux de mots. Je vous souhaite une bonne lecture et quelques éclats de rires.
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lundi 19 janvier 2009
AU GAZON FOULE PAR ELEONORE
Trône de fleurs, lit de verdure, gazon planté par les amours, recevez l'onde fraîche et pure que ma main vous doit tous les jours. Couronnez-vous d'herbes nouvelles ; croissez, gazon voluptueux. Qu'à midi, zéphyre amoureux vous porte le frais sur ses ailes. Que ces lilas entrelacés dont la fleur s'arrondit en voûte, sur vous mollement renversés, laissent échapper goutte à goutte les pleurs que l'aurore a versés. Sous les appas de ma maîtresse ployez toujours avec souplesse, mais sur le champ relevez-vous ; de notre amoureux badinagene gardez point le témoignage ; vous me feriez trop de jaloux.
Trône de fleurs, lit de verdure, gazon planté par les amours, recevez l'onde fraîche et pure que ma main vous doit tous les jours. Couronnez-vous d'herbes nouvelles ; croissez, gazon voluptueux. Qu'à midi, zéphyre amoureux vous porte le frais sur ses ailes. Que ces lilas entrelacés dont la fleur s'arrondit en voûte, sur vous mollement renversés, laissent échapper goutte à goutte les pleurs que l'aurore a versés. Sous les appas de ma maîtresse ployez toujours avec souplesse, mais sur le champ relevez-vous ; de notre amoureux badinagene gardez point le témoignage ; vous me feriez trop de jaloux.
Rubriques et Auteurs :
* Poèmes,
Évariste Parny
dimanche 18 janvier 2009
« Aux yeux de quiconque a lu l'histoire, la désobéissance est une vertu primordiale de l'homme.
C'est par la désobéissance que s'est accompli le progrès, par la désobéissance et la révolte. »
C'est par la désobéissance que s'est accompli le progrès, par la désobéissance et la révolte. »
Oscar Wilde extrait de L’âme humaine sous le régime socialiste
Rubriques et Auteurs :
* Citations,
Oscar Wilde
LE CABINET DE TOILETTE
Voici le cabinet charmant où les grâces font leur toilette. Dans cette amoureuse retraite j’éprouve un doux saisissement. Tout m’y rappelle ma maîtresse, tout m'y parle de ses attraits, je crois l'entendre, et mon ivresse la revoit dans tous les objets. Ce bouquet, dont l’éclat s’efface, toucha l'albâtre de son sein ; il se dérangea sous ma main, et mes lèvres prirent sa place. Ce chapeau, ces rubans, ces fleurs, qui formoient hier sa parure, de sa flottante chevelure conservent les douces odeurs.
Voici le cabinet charmant où les grâces font leur toilette. Dans cette amoureuse retraite j’éprouve un doux saisissement. Tout m’y rappelle ma maîtresse, tout m'y parle de ses attraits, je crois l'entendre, et mon ivresse la revoit dans tous les objets. Ce bouquet, dont l’éclat s’efface, toucha l'albâtre de son sein ; il se dérangea sous ma main, et mes lèvres prirent sa place. Ce chapeau, ces rubans, ces fleurs, qui formoient hier sa parure, de sa flottante chevelure conservent les douces odeurs.
Voici l’inutile baleine où ses charmes sont en prison. J' aperçois le soulier mignon que son pied remplira sans peine. Ce lin, ce dernier vêtement... il a couvert tout ce que j’aime ; ma bouche s' y colle ardemment, et croit baiser dans ce moment les attraits qu'il baisa lui-même. Cet asile mystérieux de Vénus sans doute est l’empire. Le jour n’y blesse point mes yeux ; plus tendrement mon coeur soupire ; l' air et les parfums qu'on respire de l' amour allument les feux. Parois, ô maîtresse adorée ! J’entends sonner l’heure sacrée qui nous ramène les plaisirs ; du tems viens connoître l'usage, et redoubler tous les désirs qu'a fait naître ta seule image.
Rubriques et Auteurs :
* Poèmes,
Évariste Parny
L'ABSENCE
Huit jours sont écoulés, depuis que dans ces plainesun devoir importun a retenu mes pas. Croyez à ma douleur, mais ne l'éprouvez pas. Puissiez-vous de l'amour ne point sentir les peines ! Le bonheur m'environne en ce riant séjour. De mes jeunes amis la bruyante allégressene peut un seul moment distraire ma tristesse ; et mon coeur aux plaisirs est fermé sans retour. Mêlant à leur gaîté ma voix plaintive et tendre, je demande à la nuit, je redemande au jour cet objet adoré qui ne peut plus m' entendre. Loin de vous autrefois je supportois l'ennui ; l'espoir me consoloit ; mon amour aujourd'hui ne sait plus endurer les plus courtes absences. Tout ce qui n'est pas vous me devient odieux.
Ah ! Vous m'avez ôté toutes mes jouissances ; j' ai perdu tous les goûts qui me rendoient heureux ; vous seule me restez, ô mon Éléonore ! Mais vous me suffirez, j'en atteste les dieux ; et je n' ai rien perdu, si vous m' aimez encore.
Huit jours sont écoulés, depuis que dans ces plainesun devoir importun a retenu mes pas. Croyez à ma douleur, mais ne l'éprouvez pas. Puissiez-vous de l'amour ne point sentir les peines ! Le bonheur m'environne en ce riant séjour. De mes jeunes amis la bruyante allégressene peut un seul moment distraire ma tristesse ; et mon coeur aux plaisirs est fermé sans retour. Mêlant à leur gaîté ma voix plaintive et tendre, je demande à la nuit, je redemande au jour cet objet adoré qui ne peut plus m' entendre. Loin de vous autrefois je supportois l'ennui ; l'espoir me consoloit ; mon amour aujourd'hui ne sait plus endurer les plus courtes absences. Tout ce qui n'est pas vous me devient odieux.
Ah ! Vous m'avez ôté toutes mes jouissances ; j' ai perdu tous les goûts qui me rendoient heureux ; vous seule me restez, ô mon Éléonore ! Mais vous me suffirez, j'en atteste les dieux ; et je n' ai rien perdu, si vous m' aimez encore.
Rubriques et Auteurs :
* Poèmes,
Évariste Parny
samedi 17 janvier 2009
MA MORT
De mes pensés confidente chérie, toi, dont les chants faciles et flatteurs viennent par fois suspendre les douleurs dont les amours ont parsemé ma vie ; lyre fidèle, où mes doigts paresseux trouvent sans art des sons mélodieux, prends aujourd'hui ta voix la plus touchante, et parle-moi de ma maîtresse absente.
De mes pensés confidente chérie, toi, dont les chants faciles et flatteurs viennent par fois suspendre les douleurs dont les amours ont parsemé ma vie ; lyre fidèle, où mes doigts paresseux trouvent sans art des sons mélodieux, prends aujourd'hui ta voix la plus touchante, et parle-moi de ma maîtresse absente.
Objet chéri, pourvu que dans tes bras de mes accords j’amuse ton oreille, et qu'animé par le jus de la treille, en les chantant, je baise tes appas ; si tes regards, dans un tendre délire, sur ton ami tombent languissamment ; à mes acens si tu daignes sourire ; si tu fais plus, et si mon humble lyre sur tes genoux repose mollement, qu' importe à moi le reste de la terre ?
Des beaux esprits qu’importe la rumeur, et du public la sentence sévère ? Je suis amant, et ne suis point auteur. Je ne veux point d’une gloire pénible ; trop de clarté fait peur au doux plaisir. Je ne suis rien, et ma muse paisible brave, en riant, son siècle et l’avenir. Je n’irai pas sacrifier ma vieau fol espoir de vivre après ma mort. ô ma maîtresse !
Un jour l’arrêt du sortviendra fermer ma paupière affoiblie. Lorsque tes bras, entourant ton ami, soulageront sa tête languissante, et que ses yeux soulevés à demiseront remplis d' une flamme mourante ; lorsque mes doigts tâcheront d'essuyertes yeux fixés sur ma paisible couche, et que mon coeur, s'échappant sur ma bouche, de tes baisers recevra le dernier ; je ne veux point qu’une pompe indiscrètevienne trahir ma douce obscurité, ni qu'un airain à grand bruit agité annonce à tous le convoi qui s' apprête. Dans mon asile, heureux et méconnu, indifférent au reste de la terre, de mes plaisirs je lui fais un mystère ; je veux mourir comme j' aurai vécu.
Rubriques et Auteurs :
* Poèmes érotiques,
Évariste Parny
LES ADIEUX
Séjour triste, asile champêtre,
qu' un charme embellit à mes yeux,
je vous fuis, pour jamais peut-être !
Recevez mes derniers adieux.
En vous quittant, mon coeur soupire.
Ah ! Plus de chansons, plus d’amours.
Éléonore ! ... oui, pour toujours
près de toi je suspends ma lyre.
Séjour triste, asile champêtre,
qu' un charme embellit à mes yeux,
je vous fuis, pour jamais peut-être !
Recevez mes derniers adieux.
En vous quittant, mon coeur soupire.
Ah ! Plus de chansons, plus d’amours.
Éléonore ! ... oui, pour toujours
près de toi je suspends ma lyre.
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* Poèmes,
Évariste Parny
vendredi 16 janvier 2009
« Le suffrage universel est la voix de l’inconscience publique. C’est aussi l’un des plus ingénieux abus de confiance que l’homme ait inventés pour se moquer du monde. Comme le coup du rendez-vous, le coup du suffrage universel réussit toujours, avec cette différence qu’il fait quarante millions de dupes à la fois au lieu d’une. »
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